Quatre jours à la découverte de Riga, la capitale lettone

À l’embouchure de la Daugava, nichée au fond du golfe éponyme, la belle Riga offre bien des merveilles, à qui prend le temps de la découvrir. Les quatre jours sont bien passés vite! 

Riga fait partie des destinations facilement accessibles depuis Copenhague. Un peu comme on prend le métro, j’embarque pour la capitale lettone, un beau soir d’avril. Enfin, beau à Copenhague, car en plus d’un petit décalage horaire, une pluie diluvienne m’attend à l’aéroport international de Riga – RIX pour les intimes. La tête dans le coletard, je débarque et me dirige vers le Narvesen (kiosque local) détenteur de tickets de bus, à la sortie du terminal, histoire de ne me prémunir contre les vitupérations du chauffeur de bus. Même si j’ai l’habitude de voyager seule, je ne savais pas trop à quoi m’attendre dans un pays où je n’aurais aucun repère linguistique (encore que…j’explique plus loin dans l’article). Chance de débutante, le bus arrive dans la foulée, et mon deuxième bus aussi, à Autoosta. J’arrive à mon Airbnb, quasi sèche (je m’étais dit: “oh ça va être top de vivre dans un quartier non touristique”, bref, mon côté idéaliste pas toujours pragmatique). Atteindre l’appartement perché au 5e étage s’est avéré être une véritable anti-escape game, à la lueur blafarde de mon téléphone: trouver la bonne porte et le code ad hoc, puis la clef de l’appartement, cachée dans une des boîtes aux lettres. Victorieuse et clef en main, je m’attaque aux cinq étages qui me séparent de mon Graal: un petit nid d’appartement, de bois et de brique. Aux douze coups de minuit, je glisse l’immense clef dans la serrure marquée d’énigmatiques lettres cyrilliques, et je pousse un soupir de soulagement en découvrant mon havre temporaire. Rassérénée, je m’endors bercée par le son de la pluie sur les arbres.

Première journée à Riga

Le pépiement des oiseaux me tire d’un lourd sommeil. L’intense lumière qui baigne le studio me guide dans la cuisine. Tel un robot, j’identifie la petit cafetière et prépare mon obscure potion. Quelques lampées plus tard, mon cerveau finalement réalise que je ne suis pas à la maison.

Un mélange hétéroclite d’églises à bulbes, de façades fatiguées rehaussées de peintures murales aux couleurs éclatantes, et de drapeaux lettons, me confirme bien la translation physique de mon corps d’un pays à l’autre, avec le piquant de la découverte d’un territoire inexploré. Mon téléphone m’apprend que je suis à “Grizin”,  au nord est de Riga. Un quartier alternatif, plein de charme. Finalement, je n’ai pas si mal choisi.

Histoire de bien me mettre dans l’ambiance, je commence par le cimetière, puis je descends vers le centre-ville, en suivant la rue de la paix “Miera iela”, et la rue des écoles “Skolas iela”. Zone ouvertement “hipster, mais pas trop”.

User ses souliers dans le vieux Riga

L’arrivée dans le centre de Riga est marquée par une grande colonne surmontée d’une demoiselle à l’air patibulaire, commémorant la libération du pays: le monument de la Liberté. De gros nuages métalliques s’accumulent au bout de ses bras tendus et les premières gouttes se font sentir. Bonnet rivé jusqu’au yeux, j’affiche désormais la même mine déterminée que la Liberté lettone. Découragés, les nuages font vite fait demi-tour.

Le quartier art nouveau de Riga

Bref, j’ai déambulé sur 25 km dans Riga le premier jour…

Coucher de soleil à l’embouchure de la Daugava

Mais comme j’en avais pas vu assez, je me suis même payé le luxe d’aller regarder le coucher de soleil à l’embouchure de la Daugava, en suivant ses méandres à donner le tournis.

Deuxième journée à Riga

Evidemment, mon genou pourri n’a pas apprécié la balade de la veille, et je passe la matinée une bouteille de bière dans le creux de la jambe. Une fois l’inflammation calmée, je décide de remettre le couvert, à renfort de transports publics. Pas complètement folle la guêpe!

Une fois au Marché central, un ancien hangar à Zeppelin, derrière la gare, je me mets en quête de krowky, des sucreries au lait, pour lesquels j’ai une sorte d’addiction, souvenir des mon bout de vie en Europe centrale. Entre le russe et l’anglais, on a fini par y arriver, et note pour plus tard, l’équivalant letton s’appelle “gotina”. Mais ça aurait trop facile de demander directement, sans avoir à mobiliser trois personnes pour comprendre ce que je voulais.

Histoire de ménager la bête, je décide de me percher du haut des 27 étages du bar panoramique Radisson Blu, afin de parcourir la ville des yeux. / Elizabetes iela 55

Mais c’était sans compter l’espèce de grippe qui m’est tombée dessus en pleine séance du festival de documentaires de Riga, à Kino Bize (sûrement choppée dans l’avion). Décidément, la suite du voyage s’annonce intéressante. Mais avant de continuer mes aventures fiévreuses, petite pause gastronomique d’adresses testées avant et après que mon estomac se soit fait la malle.

Quelques adresses gourmandes

  • Une petit déjeuner à Rocket Bean rostery/ Miera iela 29
  • Un déjeuner léger à Pienene (ne manquez pas leur sélection de thés agrémentés de fruits et de fleurs collectés dans la campagne environnante) / Kungu iela 7/9
  • Le thé de 17h à Beze Moka (et craquez pour les pâtisseries)/ Dzirnavu iela 31
  • Un dîner traditionnel à Key to Riga / Kaleju iela 7

Excursions autour de Riga

Se déplacer en train autour de Riga

Rien de plus facile: la carte ferroviaire du pays ressemble à un plan de métro, et on paye (trois fois rien) par zone. Le ticket s’acquiert à la gare ou dans le train directement (avec un extra de 50 centimes), et le plan se trouve à l’arrière du ticket.

Pas prise de tête du tout, à moins de se retrouver à côté d’un couple de Français en pleine dispute, ou bien un letton sourd beuglant dans son téléphone.

Le parc National de Gauja: premier arrêt à Sigulda

Pas très en forme après avoir passé la nuit à suer, je me gave de kefir avant de me trainer jusqu’à la station (stacija) de train Zemitani, fort heureusement à 10 minutes de mon appart. Je saute dans le train in extremis, vu que j’aime bien transpirer, et je grelotte une heure avant d’atteindre la gare de Sigulda. Ou bien c’est moi et mon deux de tension, ou bien il y a peu d’indications à partir de la gare pour explorer le parc et atteindre le château de Turaida. Mon téléphone me guide jusqu’au téléphérique (8€, 12€ A/R), et ensuite je pars à l’attaque des escaliers de bois, qui montent et qui descendent, comme ma fièvre.

Je ne vous raconte pas la tête que j’ai dû faire quand la nana du château m’a dit qu’un minibus à 50 centimes pouvait me ramener à la gare en 10 minutes. Top la vue du haut du château, soit dit en passant (entrée 3€).

Un peu défoncée par la balade, mais heureuse d’avoir tenté le coup, je m’endors à 18h…et sue jusqu’au petit matin.

Du sable fin sur des kilomètres à Jurmala

Challenge supplémentaire: me tapper mon sac toute la journée, avec mon genou en vrac, et deux kilos de moins…mais la fièvre semble être passée. Du coup, direction la plage, comme la plupart des touristes et des habitants de Riga.

Allez un peu plus loin que Majori si vous voulez éviter la forêt de perches à selfies et une plage grouillante de monde. Plusieurs arrêts de train desservent la longue plage, donc n’hésitez vraiment pas à aller le plus possible, quitte à marcher vers les stations suivantes en revenant.

Si j’avais été en forme, j’aurais poussé jusqu’au parc de Kemeri (prononcer Chéméri), pour me balader dans le marécage, sur des pontons de bois. Mais comme je dis toujours: il faut en garder pour la prochaine fois!

Majori, station balnéaire lettone

Pour aller plus loin

Une dernier regard sur Riga en longeant les quais, avant de reprendre le bus 22 à la bibliothèque nationale.

►Un excellent article du Monde racontant un week-end à Riga

► Le site de Visit Latvia.

 


J’ai vraiment eu un coup de coeur pour cette belle capitale européenne et baltique. C’est ma favorite pour l’instant, mais je n’ai pas encore visité Vilnius: connaissez-vous? Quelle est votre capitale baltique préférée? 

2 thoughts on “Quatre jours à la découverte de Riga, la capitale lettone

  1. Bonjour.
    Ton article donne vraiment envie de visiter cette belle capitale. Il faut dire que mon envie était présente avant !
    Je ne connaissais le tuyau de la bouteille de bière pour soulager les inflammations !! J’utilise plutôt la chaleur !!
    Pas facile de se balader avec un genou en compote et de la fièvre… Est-ce que tu vas mieux ?
    Une question : y a pas trop de moustiques au niveau du marécage ?
    Merci pour tes tuyaux, et continue à nous (me) faire voyager !
    Nadine.

    • Bonjour Nadine, Merci !!! L’arrière de mon genou était brûlant et gonflé, donc mon réflexe était d’y coller du froid. Etant adepte de la baignade d’hiver, j’ai remarqué que le froid soulageait mes douleurs articulaires (je me sens vieille, tout d’un coup), et la bouteille de bière à merveilleusement bien marché…à défaut d’être bonne.
      Ce n’était pas encore la saison des moustiques, donc je ne peux pas vraiment assurer qu’il n’y en a pas. Mon petit doigt me dit que c’est inévitable 😉
      Excellente semaine à toi,
      Julie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.