Parcourir l’isthme de Courlande

Trait d’union entre la Lituanie et l’enclave russe de Kaliningrad, l’isthme de Courlande (ou Neringa) est une merveille naturelle de sable et de pins, protégée par l’Unesco. Cette langue de dunes parmi les plus hautes d’Europe s ‘étire sur près de 100 kilomètres de long – moitié lituanienne, moitié russe, et s’étale entre 400 mètres et 4 kilomètres.

Klaipeda, point de départ de l’isthme de Courlande

Direction Klaipeda, au nord de la Lituanie, afin de prendre le ferry (1€ A/R) traversant les 500 mètres qui nous séparent de Smyltine, point de départ pour explorer l’isthme de Courlande. Trois possibilités s’offrent à vous : la voiture, le vélo, ou le bus.

Le loueur de vélo contacté quelques mois à l’avance ayant proposé un prix trois fois supérieur à ceux de Copenhague, j’ai un peu perdu confiance dans cette option, même si mon collègue lituanien m’avait assuré qu’il serait facile de trouver des bécanes sur place. La météo s’annonçant orageuse et la perspective d’une logistique toute autre nous a fait nous replier sur le bus et un peu de stop, sous la menace d’une pluie d’orage.

Klaipeda

Des forêts peuplées d’étonnantes créatures

Par contre, il a fallu expliquer au chauffeur que nous ne voulions pas aller directement à Nida, pour plutôt nous arrêter au village entre Smyltine et Nida (Juodkranté), et découvrir la colline des sorcières, la réserve de cormorans puis marcher un moment en forêt et le long de la mer.

Entre avril et septembre, près de 4000 oiseaux marins envahissent la cime des arbres. Perchés sur ces branches blanchies de guano, ils offrent aux randonneurs une cacophonie de haut vol, relevée d’effluves acides.

En parlant d’altitude, mais en respirant un air flattant un peu plus les narines délicates, vous trouverez un peu plus loin en direction de Nida (côté lagune) la série de dunes la plus haute de l’isthme de Courlande : Vecekrugas.

Nida, village en bois à la frontière russe

Lové au pied d’une dune mouvante de 52 mètres de haut, le village de Nida est la dernière étape avant la Russie. Du haut de Parnidis, accessible par des chemins balisés (c’est important de les respecter, pour préserver la flore locale), le regard parcours presque le reste des 50 kilomètres d’isthme côté russe.

Revenons au village, pour admirer ses maisons en bois et leurs lekiai ornant le faîte des toits. D’étonnantes girouettes de bois n’ayant aucune sa pareille décorent également ces maisons colorées. Mais que signifient-elles? Réponse au port de Nida. Au 19e siècle, elles s’affichaient en tête de mât, afin d’identifier les bateaux de pêcheurs (kurenai) : noir et blanc côté isthme, rouge et blanc côté mer. De nombreux détails ciselés sont autant d’indices pour deviner de quel village provient l’embarcation.

Si vous avez le temps, faites un tour à la maison de Thomas Mann, où il a passé deux étés avec sa famille.

Un peu de gastronomie lituanienne

Avant de partir, j’avais –si on peut dire, cuisiné mon collègue lituanien, qui a passé beaucoup de ses étés sur l’isthme. J’avais deux missions principales : trouver des bâtons de fromage blancs glacés, et une soupe rose (de betterave). De vrais délices rafraîchissants, parfaits pour les températures estivales dont nous avons bénéficié fin mai. Au passage, j’ai pu assouvir mes envies de galettes de pommes de terre et de bières locales qui m’ont rappelé mon escapade de quatre jours à Riga et ce merveilleux week-end à Tallinn.

Taxi russe

Ces trois jours magnifiques se sont terminés par une virée en taxi inoubliable. Pour revenir à l’aéroport de Palanga (au nord de Klaipeda), il faut prendre un minibus à la gare centrale. Le souci, c’est que les horaires des navettes sont calculés un peu ric-rac avec les départs des avions. Dans le doute, nous avons vérifié en ligne les tarifs du trajet en taxi, puis marché vers une des nombreuses épaves stationnant devant la gare. D’instinct, je m’adresse au chauffeur en russe. Bonne pioche, il nous propose même moins cher que le prix trouvé en ligne. Très amical, il nous laisse choisir la musique de son bolide décoré de peluches et pubs pour bars à hôtesses. Et c’est sur du Michael Jackson que nous nous élançons pleine balle vers l’autoroute. Tellement vite, que notre chauffeur russophone en oublie de prendre la sortie…et enclenche la marche arrière aussi sec ! Normal. Enfin sur la bonne voie (en dans le bon sens de marche), il fait la course avec un pote. Résultat, nous sommes arrivés à l’aéroport en 20 minutes, un peu ébouriffés mais contents. Dasvidania !

4 thoughts on “Parcourir l’isthme de Courlande

  1. Je ne connais pas du tout cet endroit, c’est très beau. J’ai bien aimé également les sculptures en bois, du travail minutieux ! 🙂

  2. Pour le coup je ne connaissais pas du tout cet endroit, ça a l’air magnifique !! Mais j’avais déjà goûté les galettes de pommes de terre, c’est trop bon !! Merci pour l’article en tout cas, je m’en vais de ce pas réserver mes billets !

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