Road trip en Norvège: de Bergen à Stavanger

Contemplation

Une escapade de cinq jours dans le sud de la Norvège, à zigzaguer entre les fjords de Stavanger à Bergen. Une introduction estivale aux paysages grandioses de la Norvège!

Cela fait presque trois ans que nous avons pris la route de bon matin, juste après avoir passé une semaine au festival de Roskilde…nous étions frais! Nous avons traversé le Danemark de part en part, de Copenhague à Hirsthals –au nord du Jutland, pour prendre le ferry pour Stavanger. Nous avions prévu de nous déplacer en voiture et de camper afin de minimiser les frais qui peuvent vite grimper en Norvège.

Comment arriver et se déplacer en voiture en Norvège

Il y a deux manières d’arriver en voiture en Norvège: par la voie terrestre via la Suède, ou en ferry via le Danemark. Afin d’économiser de précieuses heures de conduite, de péages et de gazole, nous avons pris le ferry de Hirsthals à Stavanger. Le plan était de faire une boucle, de Stavanger à Bergen par la route des fjords et de revenir à Stavanger par le chapelet d’îles entre les deux villes. La carte en fin d’article estime le kilométrage à 1000 km. Bien évidemment, nous avons roulé un peu plus que cela. Nous étions partis un peu à l’arrache question itinéraire: nous l’avons fait dans le ferry avec une carte achetée en France, un Routard et quelques documents que Visit Norway m’avait expédiés.

► Nous avons acheté une carte sur place en arrivant car la carte Michelin n’était pas assez précise.

► Pensez à enregistrer votre carte bancaire avant de partir pour pouvoir passer les péages automatiques des routes nationales avec autopass.no. Ils prélèvent une somme et vous rembourse la différence ensuite dans un délais de trois mois.

► Roulez avec les codes allumés et vérifiez bien d’avoir des ampoules de rechange: un phare nous a lâché en cours de route et vu le nombre et la longueur des tunnels…il vaut mieux en avoir deux!

27 kilomètres, c’est le tunnel le plus long que nous avons emprunté entre Flåm et Borgund. Les éclairages changent pour « réveiller » le conducteurs et permettre de savoir où on en est. Il est possible de s’arrêter au milieux. Mais pour la plupart, les tunnels sont bien glauques et à peine éclairés. Attention, des radars automatiques sont souvent placés à l’entrée et à la sortie et calculent votre vitesse moyenne. Comme votre carte bancaire est enregistrée…la prune est prélevée automatiquement. Pas testé…mais il ne vaut mieux pas jouer avec les limitations de vitesse!

► Un système de péage urbain différent du système national est instauré à Bergen. Nous n’avons jamais vraiment compris comment ça marchait…et nous n’avons jamais rien payé. Sans doute du fait de nos plaques étrangères.

► Afin d’éviter de contourner les fjords, le plus simple est de prendre le bac, les prix varient entre 5 et 15 euros selon la longueur du trajet. Parfois leur lecteur de carte bancaire ne marche pas, et du coup personne ne paye!

► Nous sommes partis avec une petite citadine qui a bien fait l’affaire sur des routes de tous genres…on a juste eu un souci en voulant trop bien garer la voiture pour camper: elle commençait à s’embourber, mais nous l’avons tout de suite délogée en la vidant intégralement de son contenu. À part cela, les chèvres seront votre principal ralentissement.

Camping sauvage et vie pratique du campeur

Nous avons eu beaucoup de chance en débarquant du ferry: en roulant un peu en dehors de Stavanger, nous sommes tombés sur un camping du côté d’Ålgård. Nous nous y sommes installés en pensant régler au matin. La gardienne nous explique vite fait que c’est payant seulement pour les caravanes et camping-caristes et gratuit pour les campeurs. Inattendu.

Mis à part cet épisode presque civilisé, nous n’avons passé qu’une seule nuit en camping homologué, près de Bergen (Lone camping)

Où camper légalement?

Pour le camping sauvage en Norvège, quelques règles sont à connaître. Esben m’a rapidement briefée avant de partir. Il est possible de camper librement, à condition que ce soit:

  • un espace non clôturé, c’est-à-dire non cultivé et public (sauf en hiver quand le sol est gelé).
  • à 150 mètres d’une habitation ou propriété privée
  • juste pour une nuit (sinon il faut demander une autorisation)
  • sans faire de feu en période estivale
  • pour consommer le fruit de votre pêche-cueillette dans l’immédiat.

► Cette règle date de 1957, allemannsretten, « le droit de tous ». (Même chose en Suède).

Se laver en camping sauvage

La Norvège est un vrai paradis pour le camping sauvage: nous avons souvent trouvé des sanitaires impeccables dans de petits villages (souvent porCascade sur la routetuaires), où nous pouvions faire la vaisselle, prendre une douche et recharger nos réserves en eau potable. Pour les moins frileux, la toilette est également possible dans les lacs ou dans le torrent.

Notre plus beau spot de camping restera à 1-2 kilomètres d’Undredal: une jolie surface plane, à l’écart de la route et près d’un torrent + accès aux sanitaires d’Undredal le lendemain.

► Prévoir de la monnaie pour les douches! L’eau chaude s’achète à coup de jetons. Pour économiser de l’eau, nous avons pris nos douches ensemble et pré-lavé nos cheveux au lavabo. (10 NOK pour 5 minutes).

Manger pas cher en Norvège

Autre tuyau pour limiter les coûts: faites vos courses au supermarché, mangez local et munissez vous de matériel de cuisine. Nous avions également chargé la voiture au Danemark avant la traversée…notamment en alcool. Vous comprendrez vite pourquoi!

La nourriture était stockée dans une grande boîte en plastique hermétique faisant office de table. Dans la bassine s’empilait la vaisselle. Les denrées périssables dans un sac isotherme dont les pains de glace étaient repassés au freezer dès que l’occasion se présentait (les températures ne sont pas fo-folles même en juillet, alors ça passe bien).

Fait-il froid la nuit?

OUI! Mais rien d’extrême. Le minimum que nous avons eu était 8°C. C’est surtout l’humidité du côté de Bergen qui a été un peu dure. Sinon, il suffit de bien s’équiper et de dormir avec un bonnet 🙂

► Attention aux moustiques! Près de Preikestolen nous avons campé près d’une zone marécageuse: mauvaise idée, car c’est la saison de ces bataillons de minuscules petits moustiques. Ils étaient particulièrement friands d’Esben, qui pourtant s’était tartiné de produit anti-moustiques.

► Le soleil se couchant tard en été, cela alloue plus de temps pour trouver le spot idéal et s’installer.

En route, quelques sites où s’arrêter

Månafossen

C’est le premier lieu où nous nous sommes arrêtés. Je me souviens encore de ne pas avoir de couronnes norvégiennes pour payer le parking (il faut mettre l’argent dans une enveloppe avec le numéro de plaque minéralogique), alors nous avions laissé des couronnes danoises et un mot d’excuse. Le chemin de randonnée s’arrête abruptement juste en face de la chute d’eau perçant la falaise d’en face.

L’église de Årsdal près de Oanes

Eglise de bois datant du XVIIe siècle.

Les gravures viking de Solbakk (Tau)

Preikestolen, une randonnée mythique en Norvège

Le jour de mon anniversaire, nous avions prévu de faire une randonnée incontournable du sud de la Norvège: Preikestolen, ou la chaire du prêtre, s’élançant de plus de 600 mètres de haut dans les eaux bleues du Lysefjord.

Nous sommes arrivés de bon matin, pour pouvoir se garer (déjà) et ne pas trop souffrir de la foule ou de la chaleur. Le parking coûte 100 NOK la journée. Nous avons été au point info-météo avant de partir: ils annonçaient de la brume l’après-midi. Nous avions donc le temps de faire l’aller-retour…ça aurait été dommage sinon, car déjà sur la route du retour, les paysages commençaient à s’effacer progressivement.

C’est une randonnée facile:

  • 3 km x2
  • 300 mètres de dénivelé
  • A/R dans la demi-journée

C’est tellement accessible que nous avons vu des personnes âgées à peine capables de tenir debout! Il suffit juste d’y aller doucement. La bande de scouts qui gambadait autour de nous s’est « bizarrement » fait plus de bobos: il y a des la grosse caillasse bien glissante…et paf le scout!

Par contre, évitez de porter des jeans…j’ai vu Esben galérer à essayer d’enjamber les rochers avec le pantalon qui lui collait aux jambes…c’est pas agréable!

Undredal, la petite perle des fjords

Un petit village traditionnel au bord de l’eau

Nous sommes tombés sur Undredal un peu par hasard, en cherchant un coin où dormir à l’écart de la route principale. C’est un tout petit village, reculé mais quand même fréquenté par quelques touristes chanceux. Nous y avons goûté du fromage local « brunost », dont le goût s’apparente plus au toffee. Spécial, mais à essayer absolument!

En kayak sur le fjord

J’avais une lubie: faire du kayak sur un fjord. Cela faisait quelques jours que j’appelais des groupes pour louer des kayaks, et c’était soit complet, soit ils voulaient voir mon permis d’encadrer…que je n’avais pas sur moi, et qui de toute façon était en français. Par contre, à Undredal, il a suffit de demander au resto-auberge-épicerie du coin pour se retrouver avec deux kayaks, brassières, bidons étanches et pagaies…pour 50 euros la journée. On s’est régalés! On a pu s’approcher de ces flancs de montagne tombant à pic dans le fjord, les cascades, les chèvres faisant de l’escalade, les petites cabanes au bord de l’eau…À faire et refaire!

Borgund Stavkirke

Les églises médiévales en bois sont particulièrement impressionnantes, sans doute cette silhouette noire et ces dragons stylisés (et la forte odeur de goudron frais). Il n’en subsiste pas beaucoup en Norvège et celle de Borgund est considérée comme étant la mieux conservée. Le processus de restauration est expliqué en détails. Passionnant. Billet: 60-80 NOK.

Retour à la civilisation à Bergen et Stavanger

Bergen

Bergen est une ville singulière. Fidèle à sa réputation, elle nous a accueillis sous la grisaille et la brume. Cela ne nous a pas empêché d’apprécier son joli centre-ville et surtout son marché aux poissons!

► Nous avons dignement célébré mon anniversaire chez Hanne (På Høyden Spisestedet). Une adresse un peu excentrée et calme. Tout est local (du poisson du marché aux petites fleurs comestibles venant de l’arrière-cour), slowfood et délicieux. Le service était un peu lent ce jour-là (nous n’étions pas vraiment pressés non plus), mais ils nous ont offert le digestif 🙂 // Fosswinckels gate

Stavanger

Avant de reprendre le ferry pour le Danemark, nous avons passé une demi-journée à Stavanger. Plus petite que Bergen, ses maisons colorées et ses rues pavées lui donnent un côté plus charmant. J’ai beaucoup aimé l’ancien quartier des pêcheurs, dont les rues ondulent vers le haut de la colline à la manière d’une San Francisco miniature.

► Une pause s’impose au salon de thé-pâtisserie Sjokoladepiken // Øvre Holmegate 27.

Karmøy, le trait d’union entre Bergen et Stavanger

Avant de revenir à Stavanger, nous avons pris le ferry pour l’île de Karmøy, puis traversé la longue île pour découvrir de petits villages de pêcheurs et tout un chapelet d’îles. La zone n’est pas forcément très touristique, mais c’était très agréable de découvrir la façade maritime de la Norvège et surtout de revenir rapidement de Bergen à Stavanger sans se retaper la route des fjords, qui certes est très belles, mais interminable!

► À lire ou relire:

Oslo au coeur de l’hiver


Êtes-vous déjà allés dans ce coin? Quelle est votre partie préférée? 

4 thoughts on “Road trip en Norvège: de Bergen à Stavanger

  1. Waa ! C’est vraiment beau ces paysages, et ce petit village de pêcheurs, magnifique !

  2. Ce voyage est exactement ce que j’aimerai faire cet été. Je serai curieuse de rentrer un peu plus dans le détail de l’organisation de ce voyage pour éviter les surprises de type coût des ferrys et divers péages par contre!!!

    • Je recommande 😉 Le ferry ça dépend des compagnies et de la période, piéton ou pas. Pour les bacs, c’est comme je l’ai indiqué: entre et 5 et 15 euros par traversée. On en a eu pour environs 100 euros de bacs (celui pour Karmoey étant bien sûr le plus cher, à 250 NOK). Les prix ont peut-être varié depuis (ça fait trois ans). Pour les péages, c’est Esben qui s’en est chargé, alors je ne saurais pas dire. Je me souviens juste qu’on lui avait remboursé une somme, donc c’est moins que la somme de base prélevée automatiquement avant le départ par le système de péage routier. Je suis sûre que les sites de simulateur de route peuvent aussi donner une estimation (Mappy, Via Michelin et Google). Bonne préparation!

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