Aix-la-Chapelle, capitale de Charlemagne

Dôme de la nef de la cathédrale d'Aix-la-ChapelleSur la route entre le Danemark et la France, de nombreuses villes et trésors restent à découvrir. Cette fois, nous nous sommes arrêtés à Aachen, plus connues en France sous le nom d’Aix-la-Chapelle. Non seulement, cette charmante petite ville se trouve exactement à mi-chemin, mais c’est aussi le berceau de Charlemagne, l’empereur à la barbe fleurie. 2014 célèbre l’anniversaire de sa mort, en 814. C’est donc le moment idéal pour découvrir sa ville-capitale.

La chapelle palatine, témoin de la grandeur de l’empire carolingien

Départ : samedi 11 octobre, 18h20. Après avoir passé près de 12h sur les routes danoises et allemandes, nous nous sommes enfin relaxés dans les petites rues piétonnes d’Aachen. Afin de ne pas manquer le monument emblématique de la ville, nous avons immédiatement visité la cathédrale. En effet, le dimanche matin elle n’est accessible qu’aux personnes allant à la messe. Cela aurait été fort dommage, surtout pour une historienne de l’art ! J’explique :

La cathédrale d’Aix-la-Chapelle est la plus vieille cathédrale d’Europe du Nord, classée à l’Unesco. Elle est située en Allemagne, à la frontière belge et hollandaise, dans le land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Depuis les débuts de sa construction au VIIIe siècle sous le règne de Charlemagne, Aix-la-Chapelle fut la capitale de l’empire carolingien, également surnommée « seconde Rome ». Unifiant une grande partie de la France, de l’Allemagne actuelle, mais aussi la Suisse, l’Autriche et la Hongrie, cet empire est considéré comme précurseur de l’Union Européenne.

Charlemagne choisit selon le modèle antique d’établir une capitale fixe: centralisation administrative, présence de sa cour et de son trésor, etc. Son choix définitif se porte sur Aix en raison de son penchant pour les sources thermales, et son attachement familial.

Allégories des 4 rivières antiques

L’octogone de la chapelle palatine de Charlemagne est la partie la plus ancienne de la cathédrale ; elle date d’environ 790-800 et fut construite par Eudes de Metz dans le style carolingien. Le trône de l’empereur y est toujours visible à l’étage. Quand il mourut le 28 janvier 814, il y fut enterré dans un sarcophage romain. La construction de la cathédrale s’étale sur à peu près 1 200 ans. Afin de pouvoir accueillir le grand nombre de pèlerins durant le Moyen Âge, un nouveau chœur est reconstruit entre 1355 et 1414 : référence explicite à la Sainte-Chapelle de Paris, cette construction, véritable « capella vitrea », est éclairée par un unique registre de hautes lancettes s’élevant sur presque toute la hauteur des murs.

Vitrine d'une boutique de printen d'Aachen

Se perdre dans les rues d’Aachen

L’Allemagne est probablement le pays où je suis allée le plus souvent. Pourtant, j’ai réalisé dernièrement que je n’ai pas un seul guide du « Routard et Cie » dans ma poche. Quelque part, j’y ai ressenti une certaine légèreté…et je ne parle pas seulement du poids de l’engin dans le sac. Que c’est bon de se balader au feeling et de choisir un restaurant au hasard de la balade. Notre dévolu s’est porté sur une adresse dans une petite rue très sombre : Josephine’s, Mostardstrasse 17. Petit clin d’œil à notre premier restaurant au Chili, la carte est écrite sur une immense ardoise murale. Les menus largement inspirés de la cuisine française, utilisent des produits locaux, présentés artistiquement et servi avec amour.

Place centrale d'Aachen

Arriver un samedi soir d’octobre à Aachen s’est avéré être un heureux concours de circonstances : en plein dans l’Oktoberfest ! Avant de prendre la route, nous avions téléchargé une carte « Use it » de la ville, présentant en un coup d’œil les bonnes adresses d’Aachen. Qu’est-ce que c’est ? C’est un projet visant à créer des cartes d’informations touristiques basées sur le savoir de jeunes locaux. Contrairement à certains guides dont je ne citerai pas le nom, ces jeunes ne touchent pas un kopec, et je fais donc bien plus confiance à leurs recommandations. 44 villes d’Europe ont leur carte disponible sur le site.

L'après oktober fest

Esben nous a dégotté une adresse d’hostel assez surprenante sur TripAdvisor : Hostel Aachen. Il s’agit d’un ancien poste de police reconverti en auberge de jeunesse. Nous avons été accueilli par un « résident permanant », en tenue miliaire. « Il y a encore des cellules au sous-sol, pour les pensionnaires bruyants », déclare-t-il (blague allemande). À part les dites cellules, tout a été refait à neuf. Double vitrage, lits en bois fabriqués maison, et seulement nous deux dans le dortoir : la nuit a été réparatrice. Nous avions choisi cet endroit pour pouvoir garer facilement la voiture. Les rues alentours sont calmes, et l’hostel dispose également de deux places devant ses portes, pour 4€ les 24h. Par chance, l’hostel est sur la Vaalerstrasse, nous étions aussi idéalement situés pour faire un court crochet en Hollande, à Vaals.

Hostel d'Aachen

Passer trois frontières en une matinée

Le dimanche, c’est le jour où les Aixois migrent en masse en Hollande, à Vaals. Seulement quelques kilomètres séparent les deux villes. En 5 minutes à peine, nous voilà en Hollande. Les anciens postes de contrôle veillent encore à la frontière, mais c’est bien un des seuls indices. Vaals est un petit village tranquille, apprécié pour l’ouverture des ses commerces le dimanche, son gouda et son Ibuprofen peu onéreux.

Depuis Vaals, il est très simple de retrouver la route vers la Belgique, il faut repasser la frontière allemande, puis parcourir une quinzaine de kilomètre. Voici notre troisième pays de la matinée : nouveau poste de frontière dans le style « Rien à déclarer ». Nous filons vers la France, sur une route fraîchement retapée. L’été dernier, nous avions roulé sur la bande d’arrêt d’urgence sur un long tronçon de l’autoroute de Liège. Bonne surprise de voir que les routes belges s’améliorent !

Eglise de Vaals à la frontière hollandaise

Savoir faire des pauses en roadtrip

C’était la première fois que nous avalions les 2000 kilomètres entre Brest et Copenhague en si peu de temps. D’habitude, nous prenons 4-5 jours. La différence s’est bien fait sentir, et nous ne le referons sûrement pas. Non seulement c’est frustrant de passer tant de villes aux noms alléchants, de jolis coins de campagne, et désormais des bonnes adresses sans pouvoir s’arrêter, mais c’est aussi très éprouvant de conduire autant d’heures en une journée. Avec l’expérience, nous choisissons plus judicieusement nos pauses pour recharger les batteries. C’est pourquoi nous nous sommes arrêtés à Guignen (près de Rennes), à la Lézardière, où Marilyn nous a accueillis, malgré la pluie et l’heure tardive. Depuis quelques années, elle a installé une yourte mongole au fond du jardin de sa ferme joliment rénovée. Un voyage dans le voyage. Au matin, elle nous avait préparé un petit-déjeuner de champion : croissant géant, pain rustique, compote poire-pomme-banane maison et du jardin, mini kouign amann bio, yaourt local. Pas de doutes, nous sommes en Bretagne !

Yourte de la Lézardière au matin


Avez-vous de bonnes adresses en Allemagne ou à Aix-la-chapelle? 

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