Une journée dans le désert d’Atacama

Pétroglyphes de la route des IncasAu-delà des 200 mètres de sable encerclant la ville d’Iquique s’ouvre un désert immense et ses étonnantes manifestations géologiques et humaines. Sur le conseil de notre hôte Araceli, nous sommes partis une journée avec un guide de l’agence « Desierto Verde Expediciones ». Au programme : les géoglyphes de la route des Incas, les anciennes mines de Salpêtre : Santa Laura et Humberstone, les oasis de Pica et Matilla, pour finir avec les préparatifs de la fête de la Tirana. Avant de se lancer, n’oubliez pas le chapeau, la crème solaire, les lunettes de soleil et une grande bouteille d’eau!

Les géoglyphes de la route des Incas

Nous sommes partis au petit matin, par la route surplombant Iquique et son imposante dune, dont la forme évoque un dragon protégeant la ville de ses ailes déployées. Connaissant un essor économique important du fait de Zofri (zone franche), la ville s’étend désormais  après la barrière de sable. Rien à voir avec l’attrayante ville de bord de mer, ici, nous sommes déjà dans le désert. Des volutes de poussières et de sable se soulèvent sur notre passage. Bientôt, la seule trace de présence humaine se résume à une piste caillouteuse entre des collines chauves. Sans l’œil averti de notre guide, nous n’aurions sans doute pas remarqué des témoins d’une route bien plus ancienne s’effaçant peu à peu, léchés par le vent sec du désert. De gigantesque géoglyphes datant des Incas apparaissent soudainement : un lama, puis un soleil, une figure anthropomorphe ! Leur signification reste un mystère. Pourquoi, à l’issue d’un voyage long et éreintant à travers le désert, ces voyageurs ont trouvé la force de grimper plusieurs centaines de mètres pour dessiner sur la roche. Message, avertissement, remerciement aux dieux ?

Mine de salpêtre de Santa Lucia région d'Iquique

Les anciennes mines de Salpêtre : Santa Laura et Humberstone

Quelques kilomètres plus loin, au beau milieu du désert se dresse une forme sombre, rouillée et décharnée. Ce sont les ruines de la mine de salpêtre de Santa Laura, fondée en 1872 par Abraham Guillermo Wendell Tizon. La même année, le britannique James Thomas Humberstone crée la Compañía de Nitratos del Perú (Iquique était alors en territoire péruvien). Les deux usines connaissent un développement rapide donnant naissance à de véritables petites villes, dont la plus grande a même hérité du nom de son propriétaire : Humberstone.

À partir du début des années 1930, les exploitations subissent les effets de la grande crise et surtout de la concurrence de l’ammoniac synthétique découvert par l’allemand Haber-Bosch pour la fabrication d’engrais. Malgré des tentatives de modernisation, les deux sites sont abandonnés en 1960. Classées aux monuments nationaux en 1970, les deux usines se transforment alors en villes fantômes perdues au milieu du désert d’Atacama.

Autant dire que l’ambiance glace un peu le sang, malgré un soleil matinal commençant à cogner dur. La dureté des conditions de travail à la mine prend alors plus de sens. Nos délicates peaux de nord-européens commencent à chauffer sec et les lunettes de soleil sont plus que nécessaires. Nous avons même équipé nos appareils photos de filtres spéciaux, afin de contrecarrer cette lumière aveuglante.

Après cette introduction sur l’exploitation de cette zone à tous les sens  du terme, nous franchissons la route pour Humberstone (ticket 3000 pesos / 5€). Bien plus grande que Santa Laura, Humberstone est surtout impressionnante pour  avoir recréé une ville européenne en plein désert. Aller au théâtre pour voir une pièce jouée par Sarah Bernhart, ou piquer une tête dans une piscine olympique : c’est possible !

Rue ombragée de Pica

Les oasis Pica et Matilla

D’île en île, dans la mer du désert d’Atacama, nous voguons ensuite vers l’oasis de Pica, pour échapper au soleil brûlant, et siroter un jus de goyave bien frais. Le guide nous emmène dans un restaurant où il a déjà réservé notre déjeuner. C’est simple et rapide, mais ça ne laisse pas beaucoup le choix. Ensuite, c’est quartier libre : piscine semi thermale, ou balade en centre-ville. La végétation est luxuriante et les bougainvilliers ainsi que les nombreux arbres fruitiers colorent les rues de ce charmant village. Au coucher du soleil, nous rejoignons le village de Matilla, fameux pour son caractère indépendantiste (très îlien), et ses fouloirs à vin. Suite à un tremblement de terre, leur église s’est effondrée et les habitants l’ont reconstruite à l’identique.

Jésus est prêt pour la procession

Les préparatifs de la fête de la Tirana

Avant d’arriver à Iquique, Araceli nous avait prévenus : C’est bientôt la fête de la Tirana, vous ne pouvez pas manquer ça ! Malheureusement, notre plan de voyage pour cinq semaines en Amérique du Sud était un peu trop serré pour pouvoir participer à la fête. Nous avons tout de même eu un bref aperçu de l’effervescence de cet événement national en assistant aux répétitions nocturnes. En effet, chaque année du 12 au 17 juillet, plus de 200 000 personnes se rassemblent dans le village de La Tirana, à 72 km au sud-est d’Iquique. La fête de La Tirana est donnée en hommage à la Virgen del Carmen. Une centaine de confréries venues de tous les coins du Nord y participent, revêtues de masques et de costumes colorés. Pendant 6 jours : c’est la diablada, une danse haute au couleurs. Les danseurs sont accompagnés de musiciens jouant des instruments traditionnels. Ces danses proviendraient de rites cérémoniaux remontant aux temps des Incas et ayant intégré plus tard l’influence catholique. Nous voici au cœur de l’Amérique du Sud !

Avez-vous déjà été à la Tirana ? Comment l’avez-vous vécue ?

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