Revenir à Berlin

Brandenburg tor

Revenir à Berlin après huit années à voyager à travers l’Europe. Comment ai-je pu éviter l’incontournable capitale allemande? Berlin est l’un de mes premiers voyages. J’avais 15 ans, et la ville était en proie à une violente tempête de neige. Je me souviens de la forêt de grues visible depuis la terrasse du Reichstag. Berlin a continué son évolution, et j’avais hâte de la redécouvrir.

L’an dernier je suis revenue à Florence, également huit ans après l’avoir quittée. Rien n’avait changé, si ce n’est l’apparition du tramway. En revanche, Berlin est en perpétuel mouvement. J’y étais revenue brièvement en 2008, mais pas assez longtemps pour bien profiter de cette ville immense et aux multiples facettes.

Berlin n’est qu’à 400 km de Copenhague à vol d’oiseau, 40-50 minutes de vol tout au plus. L’aller-retour coûte environs 100 euros en avion, et sûrement moins quand ce n’est pas au dernier moment. Je pourrais presque l’inclure dans la catégorie « autour de Copenhague »! Esben n’était pas allé à Berlin depuis près de cinq ans, alors il n’a pas hésité longtemps à m’accompagner sur ce voyage. Le week-end précédent, nous étions à Oslo…le contraste entre les deux capitales était vraiment fort!

Le village de Berlin

U bahn NollendorfSamedi matin, départ aux aurores. Copenhague s’éveille doucement dans la brume. Esben est déjà en route, car il voyage avec Air Berlin et moi avec SAS. C’est un peu bizarre, je le concède, mais je me déplace pour mon travail et reste pendant deux jours de plus qu’ Esben. L’important c’est de se retrouver à l’aéroport de Tegel. Ce qui n’est pas bien difficile vu sa taille. Idée du jour: avoir des euros sur soi, quasiment tout se passe en cash à Berlin!

Un simple billet de transport à 2,70 euros vous emmène en centre-ville (7 euros le ticket journée, valide jusqu’à 3 heures du matin).

Un soleil radieux baigne Berlin d’un parfum de printemps. Nous arrivons comme des fleurs à la station Nollendorfplatz, plus connue comme le « village gay » de Berlin! La photo de la station d’U-bahn (ci-dessus) ne laisse planer aucun doute.

À la recherche de notre appartement du week-end, nous passons bon nombre de bannières arc-en-ciel et de magasins à faire rougir les Village People.

 

Notre bel appartement berlinois

J’ai eu un véritable coup de foudre pour cet appartement du quartier de Schöneberg. En cinq minutes top-chrono, notre nid du week-end était réservé. Au moins je n’ai pas passé des heures sur AirBnb. C’est dans cette maison que vivait Christopher Isherwood l’auteur du livre Goodbye to Berlin, publié en 1939 au sein du recueil de nouvelles Berlin Stories. Le film musical Cabaret (Liza Minnelli) est inspiré de cette nouvelle. Le hall d’entrée donne le ton!

Julie Berlin

Après avoir gravi un bel escalier, nous nous retrouvons devant le porte en bois massif et son grand paillasson « Carpe diem ». Esben soulève la manette dorée, et le petit carillon retentit. Sam — notre hôte, nous ouvre les portes de son royaume du bon goût, décliné sur une centaine de mètres carrés. Et si l’homme parfait était gay?

Pas encore très réveillés et en terrible manque de caféine, Sam nous recommande une de ses adresses favorites pour bruncher, à deux pâtés de maison.

Quelques bonnes adresses de Schöneberg

Restaurant April, Winterfeldtstraße 56

C’était exactement ce qu’il nous fallait! Nous avons pris un brunch à partager (21 euros – boissons non incluses), et ainsi repris des forces pour partir à la découverte de Berlin sud.

Brunch April

Si vous n’avez pas le temps de vous poser pour le petit déjeuner, une excellente alternative:

Double-Eye, Akazienstraße 22 / U-bahn: Kleist Park or Eisenacherstrasse.Café double eye

La queue s’étend sur plusieurs mètres le long du trottoir. Trois hipsters au geste sûr s’affairent au comptoir. Préciser la force du café (« kraftvoll oder mild », à emporter « zu mitnehmen »). Je m’attendais à ce que les prix soient à la hauteur de leur notoriété: pas du tout! Espresso à 1,30 euros, cappu’ à 2.

 

 

Flâner dans Schöneberg

Lors de mes deux précédents voyages à Berlin, je ne m’étais pas vraiment aventurée hors de Mitte. C’est donc à tout hasard que j’ai choisi le quartier de Schöneberg. Bonne pioche: nous avons adoré! Une atmosphère calme et familiale, tout en restant très animé (restaurants, bars, etc.): la recette idéale!

Dans la carte de fin d’article j’ai ajouté d’autres adresses testées dans le quartier. Elles ne manquent pas!

► La rue Goltzstrasse est une longue série de restaurants exotiques et de friperies.

► Insolite: le restaurant Ixthys (poisson en grec), un couple d’amis nous a raconté leur mémorable dîner à ce restaurant coréen…et religieux! C’était fermé le dimanche (ben oui, le jour du Seigneur), alors nous essayerons la prochaine fois!

► Le samedi matin, un grand marché des fermiers est l’attraction numéro 1 du quartier! Au pied de l’église de la rue Massenstrasse.

De Schöneberg à Neukölln, en passant par Kreuzberg

Kreuzberg c’est tendance

Lorsque je vivais encore à Nantes, loin d’Esben, j’ai fait la connaissance de Dorthe via CouchSurfing. Elle cherchait à apprendre la langue de Molière pour son amoureux français expatrié à Berlin..et moi le danois. Après avoir terminé ses études à Londres, elle l’a rejoint en Allemagne. Nous avons gardé contact et ce passage à Berlin était l’occasion de rendre visite à notre « couple dans le miroir ». Elle nous a donné rendez-vous dans leur quartier: Neukölln.

Nous avons choisi de marcher au hasard, entre Schöneberg et Neukölln, traversant ainsi le quartier très en vogue de Kreuzberg. Au final nous n’avons fait qu’effleurer la zone, car Esben tenait absolument à passer par Tempelhof.

Tempelhof, l’aéroport d’Hitler

Fermé en 2008, l’aéroport nazi est désormais un lieu unique et vivant. Véritable bulle d’espace dans la ville, les anciennes pistes de décollage font le bonheur des roulettes en tout genre. Qui n’a jamais rêvé de se balader en toute liberté sur le tarmac? À Berlin tout est possible!

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Neukölln alternative et cosmopolite

Dimanche matin, lorsque j’ai raconté notre première journée berlinoise à notre hôte AirBnb, j’ai vu ses yeux sortir de ses orbites quand j’ai tout innocemment évoqué notre balade dans Neukölln. Apparemment, ce n’est pas l’endroit où les touristes s’aventurent. Le quartier a néanmoins commencé sa gentrification, surtout du côté de Tempelhof. Il y des apparts qui ont dû voir leurs prix exploser le plafond avec la fermeture de l’aéroport! Bref, nous avons trouvé le quartier plutôt sympa et alternatif…j’ai dû laisser une traînée de bave sur mon chemin au passage de chaque pâtisserie orientale.

Légèrement frigorifiée (dans le coltard matinal, j’ai quitté Copenhague sans embarquer de pull), nous avons fait un petit aller-retour express vers Alexander Platz, pour dénicher une veste en duvet à glisser sous mon manteau. Il y a un grand magasin en face de la tour de la TV qui propose des tas de vêtements dégriffés (- 60 %)…un oubli heureux.

Ensuite, nous nous sommes posés au Schiller bar, où nous avons pris l’apéro, puis dîné…avant de finir au bar à cocktail Schloss Neuschweinsteiger. Une journée bien remplie!

Un dimanche ensoleillé du côté de Tiergarten

Les archives du Bauhaus

Réveil difficile mais rapidement réparé par un soleil au taquet, et un café turc préparé avec amour par notre (décidément) très compréhensif hôte. Toujours à pied, nous partons en direction du Tiergarten, avec pour première étape les archives du Bauhaus. Par curiosité, j’ai fixé un podomètre à ma ceinture: à la fin de la journée, 18 km au compteur! Contrairement à Oslo où les distances sur cartes nous paraissaient faussement énormes, Berlin nous a complètement atomisé les pieds 😀

► Ku’damm, la grande rue commerciale est à dix minutes à pied.

Le long de la rivière

Comme beaucoup de Berlinois, nous avons profité de ce calme dimanche matin au grand poumon vert de la ville. C’était assez drôle de voir surgir des lamas ou des kangourous 😀

Pas vraiment dans l’humeur de s’enfermer dans des musées, nous avons décidé de continuer à flâner le long de l’avenue du 17 juin. Après avoir farfouillé au marché au puces, nous avons grimpé les marches de Siegessäule.

La colonne des victoires

Chaque tambour de la colonne représente une victoire: la France et le Danemark contribuent ainsi à la grandeur du monument. La vue n’est pas mal du tout, mais un peu tristounette en hiver. Note pour plus tard: « À faire quand les arbres ont des feuilles ». Petite exposition de maquettes sur les monuments honorifiques allemands, et sur les monuments emblématiques à travers l’Europe. Mignon.

Pour une vue panoramique, nos amis franco-danois nous ont conseillé l’hôtel Park Inn, en face de la tour TV. Moins haut, mais moins cher (3 euros contre 13), moins de queue et une jolie vue sur la tour en question.

► Siegessäule / 3 euros par adulte

Berlin loin des clichés

Nous n’avons toujours pas déjeuné et l’ascenssion de la colonne a définitement mis nos estomacs en alerte. Pas vraiment tentés par les attrape-touristes de l’hyper-centre, nous partons au nord de la rivière Spree. Juste derrière la grande synagogue, Auguststrasse est un petit bijou: vous y trouverez une authentique salle de bal 30’s, décorée par des poster d’Otto Dix! Just en face, nous avons enfin pu recharger les batteries au café Strandbad (bain de plage).

Non loin, la très animée Torstrasse: designers des quatre coins de l’Europe et des expats Français repérés tous les deux mètres! Boutique Freitag dans le même périmètre.

Vivre deux jours dans le centre de Berlin

Alexander platz

Lundi matin: Esben est parti très tôt pour Copenhague, et une autre partie du séjour débute.

Mon hôtel **** est dans le centre, sur Französische strasse, à 5 minutes d’Alexander platz…et d’à peu près tout.

Des hôtesses d’accueil aux coiffures datant de la chute du mur, et une vue sur la Fernsehturm: so Berlin!

À propos du mur de Berlin, l’ambiance de Mitte reste profondément marquée. Les années passent et la cicatrice est bien visible. Lourd passé que voilà. Je me demande comment les Berlinois le vivent. J’ai trouvé très déprimante cette volonté « congeler » une partie de la ville. Le devoir de mémoire c’est important, mais cela doit-il être au détriment des vivants?

Passons. Sac à dos posé (oui oui, je me ramène en mode « backpacker » dans des 4 étoiles), je pars en exploration de mon nouveau quartier. Je m’étais promis de ne pas marcher autant que la veille, résultat: 15 km!

L’île aux musées

Today, I paid a visit to an old friend called Nefertiti ♥️She’s not changed, still iconically sublime…?

Une photo publiée par @scandinavia_dreaming le

Je n’ai pas résisté à l’appel de Nefertiti. Venir à Berlin sans saluer sa belle dame, c’est un sacrilège (d’autant plus pour une spécialiste de l’art antique)! Chose rare, le Neues Museum est ouvert le lundi! Entrée 9 euros, billet commun à tous les musées de l’île: 18 euros. Enfin je crois: la dame ne me fait jamais payer nos tête-à-tête 😛

Du côté de la porte de Brandenburg

Dans mes souvenirs, la porte de Brandenburg n’était pas accessible. L’esplanade était en travaux. Désormais, c’est une zone piétonne très fréquentée par les touristes. J’ai reconnu plusieurs monuments non sans émotion, et découvert le nouvel escalier hélicoïdal de l’Historisches Museum. Une grande partie du centre est toujours en travaux…et ça a l’air colossal!

► Bon à savoir, pour visiter le Reichstag: réserver minimum 72 heures avant. Sécurité de type aéroport.

Le mémorial de l’Holocauste

Entre deux conférences, je suis allée prendre l’air à un endroit de Berlin où je n’étais jamais allée, alors que c’est juste à côté de la porte de Brandenburg. C’est un endroit étonnant, dont l’austérité tranche avec les pépillements des groupes d’adolescents batifolants dans le labyrinthe de béton.

Berlin la nuit

AugustinerEntre mes deux jours de conférences, j’ai suivi mes congénères à la recherche d’une adresse bien typique et capable d’accueillir un grand groupe. Nous avons atterri à Augustiner.

C’est bavarois, mais quand même allemand. J’y ai découvert l’obazda, sorte de pâte de fromage et d’épices accompagnée de radis et d’oignons crus, que j’ai étalé sur du pain noir comme un smørrebrød danois. Pas sûr qur ça se mange comme ça, mais c’était bon, et personne ne m’a regardé bizarrement ^_^

► L’adresse est fameuse pour son large choix de saucisses.

Histoire de digérer et de mettre à profit la situation idéale de mon hôtel, je me suis perdue le long de la Spree. Une très belle promenade romantique, ou en solitaire!

Infos utiles

Deux applis : Berlin Art (Street Art) // Berlin by Tripomatic ► Plus d’applications sur le site de Slow Travel Berlin 

Notre hôte nous a vivement recommandé le bus 100, qui traverse la ville et passe les points les plus emblématiques de la capitale allemande. Si vous n’avez que peu de temps: achetez un billet journée (7 euros) et utilisez ce bus en mode « hop on – hop off ».

Quel guide choisir? Nous avions un CITIx60, et notre hôte de AirBnb avait un Mini-LonelyPlanet. Les deux étaient très complémentaires et compacts. Les adresses du CITIx60 sont plutôt bonnes et alternatives, mais leurs cartes sont difficiles à lire. Les itinéraires proposés par le LP sont biens choisis, et les informations vraiment de qualité…pour un grand week-end ou 1-2 semaines à Berlin.

Le site des musées de Berlin est très utile, et avant de partir, j’ai imprimé une fiche récapitulative des musées et de leurs heures d’ouvertures, tarifs, etc. Efficace!

► Parce qu’il faut toujours en garder un peu, et Berlin est tellement facile d’accès depuis Copenhague, voici une petite liste pour la prochaine fois:

Markthalle Neuen dans Kreuzberg, Friedrischain, East Side Gallery, le marché aux puces de Mauerpark un dimanche matin, the House of small wonder, le musée Berggruen, le dérangeant musée de la Stasi, le bizarre Spreepark et la visite guidée de l’aéroport fantôme de Tempelhof (nous n’en avons entendu que du bien!).

Pour le moment, j’ai (encore) un sac à préparer pour Eindhoven en Hollande…Berlin-4, ce sera une prochaine fois!

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Quel est votre quartier ou adresse préféré-e de Berlin? 

 

6 thoughts on “Revenir à Berlin

  1. Berlin, la ville de mon coeur où j’adore aller et n’attends que d’y retourner 🙂

  2. Les deux derniers coups de coeur dans cette ville que j’aime beaucoup:
    -un concert à la Philarmonie: lieu et ambiances vraiment magiques
    -Piccola Italia, sur Oranienburger Strasse: petit resto de plats italiens (principalement à emporter, mais il y a une petite salle): j’ai rarement aussi bien mangé pour 5€!

  3. Plutôt d’informations pratique et très cool photos et gifs! 😀 C’est vrai, Berlin change tout les temps…

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