Recevoir des délices français à Copenhague

Un Français sera toujours nostalgique des douceurs du pays. Certes, la qualité et le savoir-faire français s’exportent, mais le choix limité et les prix astronomiques transforment les courses en une expérience des plus frustrantes et ruineuses. Comment faire en cas de crise?

La détresse culinaire du Français expatrié

Française (et bretonne) expatriée en série, je n’ai jamais échappé à la règle. Lors de mon premier long séjour hors de France, à Rome, j’avais tiré une croix sur le beurre salé. Ce n’est que par hasard, après deux-trois mois sur place, que j’ai découvert l’unique plaquette du rayon. Honnêtement, ce n’est pas en Italie que j’ai le plus souffert culinairement, mais le beurre salé c’est un petit plaisir dont je ne peux me passer. Plus tard en Slovaquie, j’ai gardé le réflexe de bien fouiller les rayons de supermarché pour toujours trouver la petite perle qui égayerait mon quotidien. Là encore, rien de bien grave: les prix slovaques défient toute concurrence…et vu les tarifs des restaurants (4-5 euros), ça me coûtait en fait plus cher de faire des courses, cuisiner et laver la vaisselle 😛

À l’inverse, en Irlande du nord, malgré (ou à cause d’) un salaire de misère, j’ai également survécu en cuisinant quasiment tout moi-même.

Au Danemark, les choses se sont corsées. À Copenhague, je ne dirait pas que les produits français sont difficiles à trouver. Copenhague est une ville très cosmopolite et curieuse des saveurs du monde entier. Au Jutland ce serait une autre histoire. Par ailleurs, la communauté française est plutôt nombreuse, alors les restaurants et les boutiques ne manquent pas. Par contre les prix sont justes deux à quatre fois plus chers qu’en France…notamment le fromage, le pain et le vin. Le trio gagnant!

Quelques solutions pour faire face à la crise de manque

Les chanceux Italiens ont leur supermarché, mais les Français doivent faire le tour de Copenhague pour se fournir au marché de Torvhallerne (Nørreport), ou dans d’autres boutiques spécialisées (Letz Shop à Frederiksberg ou la Fromagerie à Østerbro). À moins d’avoir un salaire de ministre, manger français tous les jours est très difficile. J’anticipe la question « mais pourquoi tu ne manges pas local? ». Pour dire les choses franchement et de manière courte: le Danemark n’est pas célèbre pour la qualité et la diversité de sa cuisine…et de toute manière ils engloutissent tout ça à une vitesse ultrasonique. La patate, le pain noir et les grosses pièces de viande, au bout de quelques mois, ça lasse. Les Danois mangent pour vivre, contrairement au Français qui vivent pour manger.

La plupart des produits français que je consomme, je les ramène moi-même à chaque retour en France (je crois qu’on le fait tous). C’est le moyen le plus économique, mais encombrant. J’ai tenté pour la première fois de m’expédier un colis à Noël, pour ne pas avoir de bagage en soute et ne pas devoir porter des kilos de nourriture. Mauvaise idée: le colis en J+4, qui m’a coûté un bras (1€ /100g) et a mis deux semaines à arriver (J+16), au point de penser qu’il s’était « perdu ». La Poste n’a jamais dénié répondre à ma réclamation, ni sur leur site ni sur Twitter. Bref, même si le colis est arrivé au final…c’est une grosse arnaque.

Les délices français

Au moment ou je me préparais psychologiquement à renoncer à ces appétissants pâtés et saucissons de luxe, Claudia m’a contactée pour me proposer une box de délices français: la solution!?

La box de Claudia

La box est arrivée en une petite semaine via Fedex. Le petit truc chiant c’est qu’ils sont passés un vendredi à 15h45. J’étais restée toute la journée à la maison à télé-travailler et il a fallu qu’ils se pointent quand je suis sortie prendre l’air. Donc j’ai dû attendre le lundi pour les appeler et ils ont déposé le colis le lendemain à mon boulot. Petit contre-temps malheureux, mais c’est beaucoup plus rapide que la Poste…(je remets une seconde couche).

J’ai résisté à l’envie d’ouvrir le paquet toute la journée…et en arrivant à la maison, je me suis ruée sur les biscuits apéritifs et liquidé la moitié DIRECT!

La boîte de délices français est expédiée tous les deux mois, et celle de janvier-février contenait:

  • Des petits beurres apéritifs au Comté et poivre noir de Madagascar, de Michel et Augustin
  • Une terrine de pintade aux raisins de la Belle Chaurienne
  • Un cassoulet (de canard, miam) de la Belle Chaurienne
  • Des cookies pomme-caramel de la Mère Poulard
  • La gourmandise poire-chocolat de Favols

La boîte s’accompagne d’un magazine en ligne, proposant une recette de cuisine. Je n’ai pas eu le temps de réaliser celle qui va avec la gourmandise de Favols…mais ça a l’air pas mal 😉

► Le site des Délices Fouverture de la boîte aux délices françaisrançais est maintenant lancé! Et j’ai eu le plaisir de tester la nouvelle box, dédiée aux produits bretons, où la jeune entreprise est basée! C’était un vrai rayon de soleil de recevoir cette boîte aux trésors, expédiée avec soin et amour. Les produits étaient pour le coup vraiment délicieux, et Esben aussi a bien apprécié de pouvoir continuer à découvrir la France à travers sa gastronomie, et ce depuis Copenhague!

Au menu de la box Bretagne:

  • crêperolles au roquefort
  • rillettes de thon
  • raviolis de poisson sauce langoustine
  • kouign amann
  • salidou

Le tout consiste en un dîner gourmand pour deux + une recette de dessert à faire à tout moment (tout est détaillé dans le magazine papier et en ligne).
Rillettes

Mille mercis 🙂


Et vous, vous faites comment en cas de crise de manque? 

9 thoughts on “Recevoir des délices français à Copenhague

  1. Bon je sais, j’ai un train de retard; mais, je voulais rebondir sur un sujet important lorsque je choisis un pays plutôt qu’un autre:la nourriture!
    Même si je ne suis pas une si grande voyageuse, lors de mes pérégrinations de l’enfance où à l’âge adulte, j’ai pu constater combien se nourrir était une affaire d’état dans certains pays lorsqu’on est soi-même un être difficile ?! En Espagne, j’ai trouvé les plats terriblement gras; du moins trop pour moi… Il y a du sucre PARTOUT! Et que dire de la charcuterie…
    Quant au Royaume-Uni… Impossible de trouver un aliment simple et sans trop de sucre, gélatine et colorants…
    L’Italie est probablement le pays où la nourriture me satisfait le plus. Les plats sont plutôt sains, accompagnés d’huile d’olives.
    Justement, partant à Copenhague dans une quinzaine de jours, je commence à enquêter sur les supermarchés bios du quartier où je logerai (Valby) afin de ne pas passer des heures à chercher des céréales, du thé (…) comme lors de mon dernier séjour?… Je ne sais pas s’il y a des enseignes spécifiques et j’ai cru comprendre que les produits biologiques étaient intégrés au produits classiques. Ahhh!

    • C’est juste, les produits bios sont mélangés au reste…après, leur proportion est plus ou moins élevée en fonction du standing du magasin: Irma est bardé de produits dits Oeko (vendus plus chers, ça c’est plus sûr). As-tu essayé la chaîne de Naturbutikken disséminée dans Copenhague?

      • J’ai trouvé Irma bien (certes, les produits sont plus chers mais pas davantage qu’en France) et je ne connais pas la chaîne dont tu parles, cela m’intéresse drôlement ☺! Je compte descendre à Frederiksberg station le jour de mon arrivée; peut-être trouverais-je une boutique? Merci de l’information…

        • La logique est la même en France: bio = plus cher, mais à moins de cultiver soi-même, c’est dur d’être sûr. Je préfère aller au marché. À Copenhague, ils vendent de la levure « bio » quatre fois plus cher que la levure « normale ». Moi pas comprendre 😀

          • Je suis d’accord avec toi. Quand je pense à ma grand-mère bourguignonne disparue à 96 ans et qui n’avait mangé « que » des produits non bios mais probablement sans cochonneries et que je vois le monde qu’on nous fabrique : ça fait peur…
            La France est, paraît-il, un des pays européens qui utilise le plus de pesticides. Va comprendre…
            Peut-être as-tu un marché à Copenhague à me conseiller?

          • I wish…Je ne connais pas de marchés à Copenhague si ce n’est celui de Torvhallerne. Les produits sont magnifiques, mais 2-3 euros la micro-courgette, nej tak!
            Les Danois fonctionnent beaucoup au bouche à oreille: ils s’échangent des fruits et légumes de leurs jardins au boulot. Néanmoins, à il y a de beaux étalages de fruits et légumes à Nørrebro. Parfois je suis tombée sur un papi en djellaba vendant de la menthe fraîche en vrac à la sortie de la grande mosquée, à l’arrière de sa camionnette, comme s’il avait roulé direct du Maroc! Qu’est-ce que ça sentait bon 🙂

          • Merci à toi pour ces informations. J’ai prévu de sillonner la ville et j’irai faire un tour à Norrebro, of course?!
            Un second séjour sera pour moi l’occasion de prospecter en élargissant le cercle. Je souhaite découvrir un peu plus la vraie vie…

          • C’est l’occasion en effet 😉 Ne manque pas Vesterbro!

          • Tu peux compter sur moi?!

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