Les trésors de San Pedro de Atacama

Laguna MiscantiÀ une centaine de km au sud-est de Calama, une oasis perdue en plein désert d’Atacama : San Pedro. Le tropique du Capricorne passe à quelques dizaines de km au sud du village, sur lequel veille le majestueux volcan Licancabur, marquant la frontière avec l’Argentine. Perché à 2 440 m d’altitude, dans le bassin du salar d’Atacama, San Pedro est le point de départ privilégié pour des excursions à (littéralement) couper le souffle dans l’immensité du désert de sel et sur l’altiplano.

Passage du tropique dans le désert d'Atacama

Pedro au tropique du Capricorne.

Choisir son agence d’excursion

Tout d’abord, pourquoi choisir une agence pour partir en excursion ? Nous n’étions pas très enthousiastes à la base, mais notre paire breto-danoise n’était pas convaincue d’avoir les bons réflexes en milieu désertique. Autant admettre ses limites, et de toute façon les offices de location de voiture ne se bousculent pas à San Pedro ! Par contre, ce n’est pas le cas des agences de voyage. Rien que sur les calles Toconao ou Caracoles, les bureaux pullulent au détriment des commerces. La question est de choisir une agence où les véhicules sont sûrs, le chauffeur sobre, les groupes pas trop grands, et les guides professionnels (parlant anglais en option).

Certaines agences font rouler des vieux bus, aux suspensions élastiques, avec des éclats gros comme le poings sur le pare-brise : sachant que nous montons à 4500 mètres d’altitude, dans des routes en lacet, il faut avoir confiance.

Notre logeuse nous avait conseillé une agence, Layana, mais après vérification, leurs véhicules étaient délabrés et leurs groupes très nombreux. Il faut se méfier, car les habitants de San Pedro fonctionnent un peu en « mafia » et se recommandent les uns les autres entre amis…ce qui n’est pas forcément un gage de qualité. Notre hôte de la Casa de los Musicos nous avait donc assuré un « prix spécial », qui en fait était aussi élevé que celui de MAXIM, agence ayant pignon sur rue. Ceux-ci parlant anglais et acceptant la carte bancaire, notre choix s’est bien sûr porté sur cette agence…ce qui n’a pas beaucoup plu à Brigitte, de la Casa de los Musicos. Je ne vous raconte pas l’ambiance à la maison !

Nous n’avons absolument pas regretté notre choix, car notre guide Pedro de San Pedro était juste incroyable. Non seulement il connaît la région comme sa poche, et en plus il essaye d’être en premier sur tous les sites, pour éviter les hordes de touristes. Professionnel et toujours de bonne humeur, il s’assure que tout le monde vive une expérience unique. Il ne part qu’avec des groupes de 10 personnes maximum dans son mini-van Ford, brillant comme un sou neuf.

Le responsable d’agence nous a aussi orientés vers la meilleure agence pour observer les étoiles, SPACE, fondée par un Français Alain Maury, et sa femme chilienne Alejandra.

Lama paissant dans les montagnes

Les immanquables de San Pedro

L’oasis de San Pedro de Atacama représente un havre dans le désert depuis bien avant l’ère Inca. San Pedro est l’attraction touristique du Nord du Chili, avec aussi les dérives et les inconvénients que cela entraîne. Transformé en « Disneyland » du désert, le village est entièrement tourné vers le tourisme, autrement dit, comment tirer un maximum de dollars des gringos de passage. Pourtant, difficile d’y couper, si on ne veut pas se priver des splendeurs de la cordillère des Andes. Le village reste le point de départ usuel pour des expéditions à la journée vers les trésors de la région d’Atacama.

Nous avons opté pour une offre classique de quatre excursions pour  60 000 pesos chiliens (environ 85 euros), à laquelle nous avons ajouté une soirée d’observation des étoiles (18 000 pesos chiliens). Ce sont des tarifs assez élevés, se justifiant par la qualité irréprochable des services.

JOUR 1 : Les vallées de la Luna et de la Muerte ont été nos premières découvertes. Nous avons délibérément choisi de commencer par cette excursion, afin de nous laisser le temps de nous acclimater à l’altitude relative. L’agence nous a bien conseillé d’alterner les excursions à la demi-journée et les journées complètes, et bien sûr de garder les geysers du Tatio pour la fin, car il s’agit du site le plus élevé.

JOUR 2 : Le jour suivant, nous sommes donc repartis sur la route avec Pedro de San Pedro, notre guide attitré (et préféré). Il nous a emmené à la laguna Chaxa, où nous avons observé les oiseaux et les flamants roses. Après un petit-déjeuner bien solide, et un thé de feuilles de coca pour aider à supporter l’altitude, nous avons pris les routes en lacet, direction la laguna Miscanti. Un autre paysage étonnant et unique. L’air se fait rare et froid malgré un soleil radieux. La quiétude des lieux est une véritable invitation à la contemplation et au relâchement. En effet, toute précipitation, tout stress entraîne des palpitations et des nausées. Alors autant se laisser gagner par la tranquillité des lieux. Les lagunes de l’altiplano s’enchaînent, toutes plus belles les unes que les autres. À chaque arrêt, un « wow » général s’échappe du van…difficile de croire que l’on peut encore être subjugué. Pourtant, c’est bien possible, et le contraste des pillow-lavas rouges, plongeant dans la glace laiteuse du site de Las piedras rojas reste un de mes plus beaux souvenirs.

JOUR 3 : Remis ou presque, de nos émotions visuelles de la veille, nous partons vers la laguna Cejar. Si vous le pouvez, allez-y le matin pour éviter la foule des « Bidochons à la plage ». L’intérêt principal du site est d’y expérimenter une eau glaciale (avoisinant les 5°C) d’un bleu profond, saturée en sel. On y flotte comme dans la mer morte. Prévoyez de quoi vous rincer si vous ne voulez pas vous transformer en statue de sel instantanément à votre sortie de l’eau. Des douches sont disponibles à l’entrée du site. Un coucher de soleil à 280°, reflété sur la surface du salar vient couronner l’excursion de manière spectaculaire.

JOUR 4 : Levés à 4h du mat, nous finissons la nuit ballottés dans les nombreux virages nous menant aux geysers du Tatio. Le froid nous saisit. Il fait environ -20°C nous déclare le guide. Le jour commence à pointer le bout de son nez : c’est le meilleur moment pour observer les la puissance des geysers, grâce à la différence thermique. Il y en a partout ! Les mouettes se réchauffent les pattes au dessus des mini-geysers. C’est aussi un bon plan pour se réchauffer les mimines. Les geysers les plus imprévisibles et par extension dangereux sont démarqués au moyen de pierres. Plusieurs personnes y ont trouvé la mort. Les eaux brûlantes s’échappant à la surface permettent de se faire cuire un œuf, mais aussi de se baigner. Cette fois-ci, contrairement à la veille, la température extérieure est glaciale, mais l’eau délicieusement chaude et bouillonnante. Le plus dur c’est de se décider à enlever ses couches de vêtements !

Au retour, nous nous sommes arrêtés dans un village-à-touriste du nom de Machuca. C’était un peu triste, et on s’en serait bien passé.

Super Lune dans le désert d'Atacama

Pour terminer notre séjour à San Pedro, nous nous sommes offert une soirée d’observation des étoiles avec SPACE, et Lars un Canadien amoureux du ciel et conteur émérite. C’était l’occasion de découvrir les constellations de l’hémisphère sud, et de tutoyer les anneaux de Saturne. La pureté du ciel et le talent de Lars en on fait une expérience inoubliable, mais ne laissez pas le froid tout gâcher et prévoyez bonnet et gants ! Notez également que 5 jours avant et après la pleine lune, aucune observation n’est possible.

Ce choix d’excursions est vraiment de base. Il est également possible de découvrir la région, à cheval, en vélo, en sand-board, en randonnée, etc. San Pedro de Atacama représente aussi un camp de base pour l’ascension du volcan Licancabur, ou bien pour partir en Bolivie au salar d’Uyuni. Passant par le salar de Tara avec le bus vers l’Argentine, nous avons délibérément omis cette excursion, qui faisait aussi partie de nos immanquables.

Parade de la fête nationale au ChiliChoisir un hostel à San Pedro

Les excursions sont épuisantes physiquement, émotionnellement et demandent parfois de se lever tôt. Aussi, le choix d’une auberge reposante et calme est primordial ! Malheureusement, dans les guides ont trouve parfois des mauvais plans, car les rédacteurs ne testent pas eux-mêmes les adresses. Notre expérience à la Casa de los musicos (conseillé par le Routard), s’est tourné en cauchemar, et nous avons même dû écourter notre séjour ! La tenancière, très sympathique de prime abord, s’est révélée être lunatique et dictatoriale. Elle n’apprécie guère qu’on ne suive pas ses recommandations, et n’hésite pas à démonter la concurrence à coup de ragots et d’accusations graves. La maison est bruyante et baigne en permanence dans la fumée de cigarette et autres. En plus des nombreux pensionnaires, quatre générations y vivent pêle-mêle. On s’y sent souvent de trop, notamment lorsqu’il s’agit d’utiliser la cuisine. Nous nous sommes même fait jeter dehors comme des chiens, à 7h30 du matin, le jour de notre départ ! Par chance, nous étions réveillés et nos sacs faits la veille !

Si nous avions pu, nous aurions changé notre réservation pour La rose d’Atacama, mais c’était complet (et pour cause !). C’est également un centre culturel organisé autour d’un joli patio, où nous avons très bien été reçus et renseignés.

Lacs gelés dans l'Altiplanico atacamène chilienPetits conseils, grandes conséquences

  • Ne pas oublier la carte étudiante, la réduction est significative pour les billets d’entrée sur la plupart des sites.
  • Prévoir de l’argent liquide AVANT d’arriver à San Pedro, car les distributeurs sont souvent à sec (même celui caché dans la pharmacie), spécialement les week-ends. Et quasiment TOUT se paye en liquide. Beaucoup de discounts sont prévus pour les paiements en cash, notamment les billets de bus.
  • Internet est disponible en wifi, sur les marches de la bibliothèque municipale.
  • L’eau n’est pas potable, pas même bouillie. Emmener des bouteilles d’eau vides et des thermos. Acheter un bidon de 5 ou 20L (selon combien vous êtes), dès le premier jour.
  • Attendez-vous à des prix très élevés dans les superettes, comme au Danemark ou à Paris. Si vous pouvez, prévoyez de faire un peu de stock avant.
  • Pour les excursions en altitude, oublier l’alcool, la cigarette et les repas copieux. Boire beaucoup, et bien se couvrir. C’est possible de trouver de l’équipement de qualité une fois sur place, ou bien des lainages de toutes sortes et de toutes les couleurs.
  • Pour éviter de consommer trop d’eau dans la toilette : du dacryo-sérum pour se nettoyer les yeux de la poussière du désert, une lotion micellaire pour la peau (pas besoin de rincer), du shampoing sec ou bien prendre un shampoing juste avant d’arriver : les cheveux graissent lentement dans le désert.
  • Il fait froid la nuit, et il ne faut pas toujours compter sur une douche chaude et encore moins sur un chauffage pour se réchauffer, alors un bon sac de couchage peut être très bienvenu, en renfort de la literie fournie par l’auberge.

One thought on “Les trésors de San Pedro de Atacama

  1. Thank you for your encouraging words ! I post every weeks, usually on Mondays 😉

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