Balade autour de Copenhague : Dragør

Fatigués de la ville? Copenhague a beau être une capitale verte et agréable à vivre, une petite virée en bord de mer, pour humer les relents de poisson et se gargariser les oreilles du doux chant des goélands s’impose alors comme une évidence : allez à Dragør !

Bateau du port de Dragor Danemark

Barque à clins de la pure tradition maritime nordique.

Sur l’île d’Amager, à une dizaine de kilomètres de Copenhague, au sud de l’aéroport, à demi-heure du centre-ville, vous trouverez le village de pêcheurs de Dragør. Le charmant port  dégage une atmosphère particulière avec son dédale de ruelles pavées, ses maisons colorées, ses musées, ses terrasses, et bien sûr, son vieux port.

Dragor

Maisons jaunes du village de Dragør

Maisons jaunes du village de Dragør

Dagør, issue de la pêche

Dragør (prononcer « Draweur ») qu’est-ce que cela veut bien dire ? La première partie du nom « drag » ferait référence aux drakkars si associés aux Vikings. La deuxième partie est très commune parmi les localités nordiques et signifie une plage couverte de sable ou de gravier. On retrouve le suffixe «ør » dans « Helsingør », premier point de passage de l’Øresund, au nord de Copenhague. La grève aux drakkars ?

Bateau en bois du port de Dragør au sud de Copenhague.

Bateau en bois du port de Dragør au sud de Copenhague.

Dragør a été fondée au 12e siècle, et s’est vite trouvée une prédilection dans la pêche. En 1370, la Ligue hanséatique a accordé certains privilèges commerciaux à la ville : la négociation et le droit de harengs salés. Dragør n’a alors cessé de croître en tant que l’une des plus grandes flottes de pêche du pays et base essentielle pour le salage et le traitement du poisson.

Au 16e siècle, les quantités de hareng dans l’Øresund ont commencé à disparaître en raison de la sur-pêche. Beaucoup de pêcheurs ont été contraints de trouver d’autres moyens de subsistance et ont commencé à rechercher les bancs de poisson de plus en plus loin. Au cours des 18e et 19e siècles Dragør est  alors devenue la deuxième plus grande ville de commerce et d’expédition au Danemark.

Cabane de pêcheurs de Dragør.

Cabane de pêcheur de Dragør.

Au cours des 150 dernières années, Dragør a perdu de son importance au profit du port de Copenhague. Le commerce y est aujourd’hui presque inexistant et la pêche est redevenue une source économique. Par ailleurs, le port accueille une communauté de passionnés de voile et de sports nautiques.

Club de voile de Dragør.

Club de voile de Dragør.

Une histoire liée à la Hollande

La région a une ascendance hollandaise toujours bien marquée. Au début du 16e siècle, le roi Christian II a invité un groupe d’agriculteurs des Pays-Bas – nation plus avancée que le Danemark en matière d’agriculture – à s’installer dans la région pour alimenter la famille royale. Vingt-quatre familles au total, installées dans le village de Magleby. Les paysans hollandais livraient leurs légumes au marché d’Amagertorv à Copenhague. Entre autres, on leur doit l’introduction de la carotte au Danemark. Néerlandais et bas allemand étaient encore parlés sur Amager jusqu’à la fin du 19e siècle. Les tensions entre les agriculteurs néerlandais « terriens », les pêcheurs danois « marins », sont encore détectables de nos jours, avec une certaine rivalité entre les habitants de Magleby et Dragør.

Abri pour oiseaux sur une cabane de pêcheurs de Dragør.

Abri pour oiseaux sur une cabane de pêcheurs de Dragør.

L’architecture traditionnelle de Dragør

Dragør possède de nombreux bâtiments historiques bien conservés. La partie ancienne de la ville est un joyeux labyrinthe de ruelles pittoresques aux maisons peintes en jaune et noir, coiffées de tuiles ou de chaume, le tout dans le style traditionnel danois.

Fenêtre d'une maison de Dragør, décorée à la danoise.

Fenêtre d’une maison de Dragør, décorée à la danoise.

Maison du front de mer avec sa petite salle à manger pour apprécier les dîners avec vue sur mer.

Maison du front de mer avec sa petite salle à manger pour apprécier les dîners avec vue.

Toit de chaume d'une maison de Dragør.

Toit de chaume d’une maison de Dragør.

Ville maritime prospère dans la seconde moitié du XIXe siècle, sa relation privilégiée avec la mer est encore d’actualité. La longue histoire de ce village est encore palpable et lui confère une ambiance paisible et très cosy. Le vieux quartier de la ville parfaitement conservé, et beaucoup de bâtiments datent de l’âge d’or de Dragør. Les belles maisons jaunes, partout dans le vieux quartier de Dragør, contribuent à créer une atmosphère unique et chaleureuse. La plupart des maisons appartenant à cette période faste a été construite par l’architecte et menuisier Johan Hendrich Jørgensen Blichmann.

Le pont de Malmö, dit de l'Øresund, s'élance entre le Danemark et la Suède.

Le pont de Malmö, dit de l’Øresund, s’élance entre le Danemark et la Suède.

Depuis le front de mer, la vue sur la jolie courbe du pont de Malmö est imprenable !

►Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter l’office de tourisme de Dragør : +45 5055 4460, et visiter le site officiel de Copenhague.

Instantané cabane de pecheur Dragor

Souvenir de cette matinée tranquille à Dragør.

 


Vous vous attendiez à trouver un petit port de pêche à la sortie de Copenhague?

5 thoughts on “Balade autour de Copenhague : Dragør

  1. Dragor a été une très belle escapade d’un après-midi en 2012. J’y suis allée en bus, mais je crois que ça pourrait se faire à vélo, non ?

    • Oui, c’est tout à fait possible d’y aller en vélo ! Il suffit de longer la côte, derrière l’aéroport. C’est une très belle balade qui fait admirer le pont de Malmö sous tous les angles ! Cela représente à peu près 25-30 km au max, selon d’où on part. Pour les moins sportifs et en dehors des heures de pointe, c’est possible de faire l’aller ou le retour en S-train ou en métro (descendre à Kastrup, juste avant l’aéroport). Je précise juste que le vélo est gratuit dans le train, mais demande un petit supplément dans le métro (environ 1.6€). Voilà 🙂

  2. […] Pour les détails pratiques et l’histoire de Dragør, je vous invite à lire ou relire mon précédent article! […]

  3. Merci pour ces précieuses informations dont nous allons profiter début juillet. Cela nous fera du bien d’être au calme.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *