Fanø, une île dans le vent

Fenêtre rose

À chaque séjour sur la côte ouest du Danemark, Esben me fait découvrir un joli coin du sud du Jutland. La météo de ce grand week-end de Pâques ne s’annonçait pas très clémente, mais une journée entière de soleil nous a permis une sortie sur l’île de Fanø.

S’égrenant sur la côte ouest du sud-Jutland, Fanø est la plus septentrionale des îles de la mer de Wadden. Lors de notre chasse au soleil noir en octobre, nous avions aperçu le tracteur emmenant les touristes sur sa voisine, Mandø.

Saluer les géants à Esbjerg

De bon matin, avant le chassé-croisé des vacanciers et des îliens, nous prenons la direction d’Esbjerg. Sur la route du port de commerce ressemblant fortement à celui de Brest, nous passons quatre géants, assis face à la mer : Mennesket ved havet (Man meets the sea). Le groupe de sculptures a été érigé en 1994, à l’occasion du 100e anniversaire de l’indépendance de la municipalité. Il représente la rencontre entre l’Homme et la nature, dans sa pureté. L’Homme innocent face à mère nature. L’Homme assis, avant de se lever et d’agir (c’est là que ça se gâte en général, selon les propos de l’artiste, Wiig Hansen). Du fait de sa taille imposante (9 mètres de haut), ces quatre bonhommes sont vite devenus un symbole d’Esbjerg. Par temps clair, le blanc éclatant des sculptures peut être vus à 10km!

Suivant les panneaux routiers, nous arrivons au guichet pour le bac. Nous n’avions pas réservé, car il y a des départs toutes les 20 minutes. Pour réserver, vous pouvez aller sur le site de Faergen. Avancez 300 couronnes (45 euros) pour un aller-retour dans la même journée pour deux adultes et un véhicule. Il est possible d’embarquer un vélo.

Le ferry

Le trajet dure entre 12 et 15 minutes. Le prix est assez élevé, et souvent critiqué comme étant un frein au tourisme. En hiver et lorsqu’on ne reste qu’une journée, la voiture est plus pratique, mais l’île est aussi très agréable à découvrir à vélo.

Sønderho, le village au bout de l’île

À la sortie du ferry, nous filons vers Sønderho, le village à l’extrême sud de l’île.

Nous laissons la voiture au parking gratuit à l’entrée de la ville pour pouvoir nous perdre dans les rues étroites du village de maisons à toits de chaume. Le charme désuet d’un Danemark du siècle dernier. C’est un véritable repère de brocanteurs ! Si vous aimez les petits villages de pécheurs, comme Skagen ou Dragoer, Sønderho va vous plaire!

L’église Esben église

L’église en face du parking ne paye pas de mine, mais l’intérieur est remarquable ! Un mélange de pierre et de bois. Les rangées de bancs sont toujours éclairées à la bougie, et une quinzaine d’ex-voto décorent la voûte. Au fond de la nef, près des magnifiques dalles funéraires Renaissance, deux femmes pasteur préparaient le sermon de Pâques.

La plage aux phoques

Nous quittons Moïse pour partir à la recherche des phoques qui ont pour habitude de se prélasser au soleil sur les bancs de sables. À part des animaux morts…nous n’avons pas aperçu grand-chose.

FajancenEsben Resto

De retour à Sønderho, nous passons une terrasse animée et décidons d’y faire une petite halte gastronomique au restaurant Fajancen. Du poisson pour Esben, intrigué par le nom « bakskuld ».

► Bakskuld : poisson plat que l’on jetait autrefois par-dessus l’épaule, car il était trop petit pour être vendu. Il n’en est pas moins délicieux avec une remoulade maison.

J’ai opté pour une frokostplatte, et j’ai pu tester ma maîtrise de l’art du smørrebrød en public. Le saumon et le hareng local étaient à tomber ! Nous avons également goûté à la bière locale (le Danemark décompte des centaines de micro-brasseries).

Le moulin hollandaisMoulin hollandais

En arrivant au village, nous avons aperçu un moulin hollandais. Une fois à Sønderho, il disparaît au milieu des toits. Nous l’avons quand même trouvé grâce à notre carte routière. Le moulin est parfaitement restauré et il a la particularité de s’adapter à la direction du vent. Il se visite pour 20 couronnes (4 euros).

Fanø, du sud au nordScandi carte

Fanø est traversée par une grande rue principale « postvejen » doublée d’une piste cyclable qui fait la joie des  vélos, des skis à roulettes, des rollers et des fauteuils roulants.

Observer les oiseaux dans la réserve

Au centre de l’île s’étend une grande réserve où il est possible de marcher vers plusieurs points d’observations de la flore et de la faune. Si vous n’avez pas d’équipement, ce n’est pas grave : en haut des tourelles de bois, vous trouverez des jumelles. Le tout est de les laisser dans l’état où vous les avez trouvées : bien protégées d’une toile cirée. Vous trouverez également des cartes détaillées dans la petite borne à l’entrée du site (voir galerie photo ci-dessous).

Entrevoir Nordby

Il est aussi possible de remonter vers Nordby (le village au nord) par la plage qui borde l’île sur toute sa façade ouest. Elle est divisée en plusieurs sections : « piétonne », windsurf, et accessible en voiture. Oui Oui. Le gens se garent juste au bord de l’eau…impensable pour une Bretonne. Esben n’a pas pu résister au plaisir de « conduire sur la Lune ».

À part ça, la bourgade est inintéressante au possible : une station balnéaire aseptisée, tellement grise après le charmant village coloré de Sønderho !

Hébétés par un vent persistant, nous avons repris le ferry pour Esbjerg et cuvé notre journée devant la série islandaise Trapped!

► Pour préparer votre séjour: le site de Visit Fanoe


Connaissez-vous d’autres îles de la mer de Wadden ?

2 thoughts on “Fanø, une île dans le vent

  1. Une île qui invite au repos, vraiment un bel endroit !

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